Paradox Music

The Noisemaker – State of Matter EP [Natch Records]

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On vous a déjà présenté l’italien Riccardo Piovesan, The Noisemaker, à travers ce podcast venu d’ailleurs. Cette fois on revient vous en dire un mot car il rejoint le catalogue du tout bon Natch Records, label créé à Berlin et qui représente pas mal cette diaspora italienne dans les lieux saints de la Techno. Hébergeant essentiellement les productions de ses deux fondateurs Synthek et Audiolouis, Natch nous produit une belle pièce tout aussi intéressante musicalement que conceptuellement. L’EP s’intitule « State of Matter » et on comprend vite en associant le titre au macaron, schématisant des orbites d’électrons, que le gars va nous parler physique quantique !​

Musicalement c’est plutôt de chimie dont il s’agit puisque The noisemaker, comme à son habitude, a choisi de nous raconter tout ça à pH bien acide. 4 tracks, représentant 4 états de la matière, ou aussi 4 états d’âmes, tant les morceaux sont d’humeurs différents. « State 1 », c’est un peu l’état fondamental de l’EP : une boucle acide peu évolutive, à la limite du basique, un kick discret mais qui fait le taf, et une nappe à tendance échogène qui fait gagner le morceau en profondeur.

« State 2 » nous met tout de suite de meilleure humeur. Le kick a pris un peu de volume, et la boucle est réduite à son pattern le plus élémentaire mais une octave au dessus. Dans l’arrière-plan sonore, on bloque rapidement sur un balayage parasite qui se déplace de gauche à droite sur le track en lui donnant la pointe d’indus qui va bien.

La transition énergétique vers le « State 3 » peut sembler violente car là on passe à l’état excité à tous les niveaux. Gros coup de cœur pour ce track ! On est tout de suite accueilli par une rythmique au kick breaké de toute finesse agrémentée d’un souffle indus qui donne une dynamique claquante à l’ensemble. La composante acide est partagée en deux « tones » : une boucle invariable qui suit la rythmique, et une autre nappeuse et évolutive, aux consonances orientales, qui nous plonge dans un état de lévitation spirituelle.

L’EP revient à l’état fondamental avec le « State 4 », plus aérien et plus synthétique. On y retrouve un kick volumineux et des drums plutôt métalliques. Mais on a l’impression que le retour à cet état est un peu chaotique. De toutes les façons, tout nous semble chaotique après le « State 3 ».

The Noisemaker nous régale encore une fois avec son acid synthétique et émotionnelle et nous plonge au cœur de la matière avec cette belle pièce. Le mastering a été confié à Ken Karter, un des pontes de la scène techno indus italienne dont vous pouvez écouter les pépites sur son label Kript records, ou le légendaire Stroboscopic artefact.

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